N°53 // Juillet 2010

Éditorial par Caroline Franc

« C’est quoi, au fond, la différence entre Polytechnique et les Mines, à part la question du classement ? De l’extérieur en tout cas, les recruteurs n’en voient pas. Pour eux, ce sont les mêmes gamins. » La sentence, volontairement provocatrice, était récemment prononcée lors de la réunion annuelle de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) par Philippe Gillet, qui vient de prendre la vice-présidence de l’École polytechnique de Lausanne, en Suisse. L’ancien directeur de cabinet de Valérie Pécresse est même allé plus loin, appelant à la fin du « système de combat clanique à la française ». « Si on était courageux à ParisTech, on supprimerait l’X, les Mines et les autres, et on ne parlerait plus que de ParisTech », a-t-il ajouté. Des propos qui n’ont rencontré que peu d’écho chez les responsables réunis ce jour-là et qui font sourire ceux qui se demandent pourquoi Philippe Gillet n’a pas formulé de telles propositions lorsqu’il était encore dans l’équipe de la ministre.

Néanmoins, la question mérite d’être posée de l’avenir des établissements membres d’alliance, de leur identité, des compétences et des attributions qu’ils garderont, alors que se profilent les futures initiatives d’excellence. Des appels à projets au sein desquels la solidité de la gouvernance et des liens qui unissent les membres devrait avoir son importance…

Et les recruteurs, qu’en pensent-ils ? S’ils ne font pas la différence, aux dires de Philippe Gillet, entre des diplômés de deux grandes écoles prestigieuses, en font-ils entre ceux qui sortent de ces établissements et ceux qui sont issus de l’université ? Ce mois-ci, l’ORS s’est donc penché sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’université : les entreprises s’intéressent-elles vraiment à eux ou se contentent-elles de surfer par leur discours sur la vague de la diversité ?

Photo de couverture : Kit from Pittsburgh, USA/Wikimedia




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