N°37 // Février 2009

Éditorial par Jean-Michel Catin

Depuis des années, la participation des universitaires aux scrutins qui les concernaient le plus, comme la désignation de leurs représentants au CNU, ne cessait de baisser, symbole au mieux de leur lassitude, au pire de leur désintérêt.

Et puis, avec le vote de la loi LRU et les nouvelles modalités de désignation de leurs représentants, professeurs d’un côté et maîtres de conférences de l’autre ont (re)découvert un début de sentiment collectif d’appartenance. Les taux de participation ont non seulement progressé mais souvent atteint des niveaux exceptionnels, signe d’un intérêt inédit pour la vie de leur établissement.

Les résultats avaient déjà révélé un réel malaise chez les maîtres de conférences, inquiets pour leurs carrières. Les remous actuels autour du statut de l’enseignant-chercheur en sont en quelque sorte une suite logique : au chacun pour soi succède un réinvestissement dans la vie de l’établissement et de sa politique. Car ces mouvements, quelle que soit leur ampleur, sont une grande première dans un milieu si fragmenté. En ce sens, les pouvoirs publics pourraient y percevoir un signal positif ! Avec la communauté universitaire, ils devront sans doute apporter une réponse enfin claire aux sujets qui polluent l’université française depuis toujours : quelle articulation entre la présidence de l’établissement et ses composantes (UFR et labos), seules à même de mettre en place la politique pédagogique et scientifique ? Comment séparer clairement ce qui relève de l’autonomie des universitaires et ce qui relève de l’autonomie de gestion et des intérêts généraux de la société ?

Crédit de couverture : Centrale Pékin.




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