N°40 // Mai 2009

Éditorial par Théo Haberbusch

L’université française vacille. Elle se relèvera. Même après un conflit historique qui ternit son image et exacerbe les tensions en son sein. Aujourd’hui, ce sont pourtant ses « concurrents » qui profitent des conséquences du mouvement de rejet global (décret statutaire, masterisation, réforme du CNRS, LRU) qui la touche. L’université reste le premier choix des étudiants. Mais ce sont les filières sélectives (IUT, médecine) ou les écoles, petites ou grandes, d’ingénieurs ou de management, qui vont à coup sûr tirer des bénéfices de leur stabilité et de leur capacité à donner du travail à leurs étudiants. En période de crise économique, l’argument a du poids.

Du côté de la recherche, alors qu’au moment de la loi LRU les universités revendiquaient haut et fort leur autonomie, en particulier vis-à-vis du CNRS, elles sont désormais plus discrètes et modestes. Les organismes en profitent, qui parviennent à étouffer leurs divergences et à se coordonner au sein d’une Alliance nationale des sciences du vivant et de la santé. Il devrait en être de même en informatique, atour de l’Inria, et dans le domaine de l’énergie, autour du CEA.

L’université est-elle donc « hors jeu » ? Loin de là. Car le paradoxe de cette crise exceptionnelle, c’est que plus personne ne peut ignorer les universités, qui sont de fait plutôt au centre du jeu. Les besoins des entreprises en nombre de diplômés, en diversité des profils et des compétences, l’apport des docteurs et des laboratoires dans la course à l’innovation et à la croissance figurent autant d’atouts dans leur manche.

C’est ce postulat qui a incité l’AEF et son magazine l’ORS à organiser l’édition 2009 des RUE, les Rencontres universités-entreprises, les 16 et 17 juin 2009 à Paris. Alors que le bouillonnement universitaire n’a jamais été aussi intense, nous invitons nos lecteurs à s’inscrire à cet événement phare. Et à faire avancer le débat et la connaissance respetive des deux univers.




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  • 2012 les universités face à leur budget