N°45 // Novembre 2009

Éditorial par Théo Haberbusch

Il y a d’abord eu la controverse liée au départ forcé de Marie-Françoise Courel de la direction du département des sciences humaines et sociales du CNRS. Puis les accusations de dysfonctionnements du comité de sélection chargé de désigner son successeur, début 2009. À l’époque, le sociologue Michel Wieviorka et l’historien Dominique Barjot avaient affirmé avoir été défavorisés au profit du lauréat, Bruno Laurrioux. Ce fut ensuite « l’affaire » de la section 19 (sociologie, démographie) du Conseil national des universités, qui vit onze élus de la section démissionner et demander sa dissolution, dénonçant des cas d’autopromotions au bénéfice de trois membres : Gilles Ferréol, Patrick Tacussel et Michel Maffesoli. Conséquence : Valérie Pécresse vient de saisir la direction des ressources humaines du ministère pour qu’elle enquête.

Coïncidence malheureuse ? Dans le même temps, la ministre a nommé les membres du conseil d’administration du CNRS. Et les noms des représentants des SHS qui y figurent soulèvent des interrogations. Michel Maffesoli – déjà attaqué lors de sa nomination à l’Institut universitaire de France en 2008 – y côtoie Jean-Pierre Machelon, doyen de la faculté de droit de Paris-Descartes, et membre du jury controversé de l’institut SHS du CNRS.

Ces événements sont-ils anecdotiques ou bien les révélateurs plus profonds du malaise des SHS en France, lesquelles, au moment où disparaît l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss, cherchent leur place ? Alors que le campus Condorcet, qui doit les installer physiquement dans le paysage francilien, n’est pas encore sorti de terre, voilà un sujet sur lequel nous reviendrons en profondeur.

Crédit photo couverture : Torley/Second Life




Connexion
Vous abonner

Le prochain numéro

N°69 // février 2012
  • 2012 les universités face à leur budget