N°48 // Février 2010
Les « précaires » à l’université, combien de bataillons ? Le sujet, depuis quelques jours, est au cœur d’une bataille de chiffres assez inhabituelle. Il faut dire qu’une intersyndicale supérieur-recherche a frappé un grand coup, enquête à l’appui. Plutôt que d’accumuler les communiqués dénonciateurs, les syndicats ont pris le parti de creuser la question. Leur travail est plus descriptif que quantitatif et l’on aurait tort de ne retenir que le chiffre de 50 000 « précaires » lancé à l’occasion de sa présentation. Même si le ministère a immédiatement réagi en avançant celui de 37 000 « non titulaires », cette donnée recouvre trop de situations différentes pour être utile.
Le rapport syndical a permis de mettre le doigt sur un phénomène grandissant : l’augmentation du nombre de personnels contractuels dans l’enseignement supérieur et la recherche. La faiblesse des rémunérations à l’université, l’inadaptation de certaines règles administratives (CDD 10 mois), l’impact de l’ANR, qui crée un stock de doctorants ou de post-doctorants dont l’avenir est à inventer… tous ces sujets doivent être pris en compte dans les politiques publiques, mais aussi dans les stratégies des établissements.
Ce sujet d’actualité trouve un écho fort dans notre enquête de ce mois-ci sur l’ANR. En effet, l’une des préoccupations majeures des directeurs de laboratoire auxquels nous avons donné la parole est l’avenir des jeunes chercheurs qu’ils recrutent sur des contrats ANR. Au-delà, l’avènement de l’agence, entériné par sa place centrale dans le grand emprunt, méritait que nous cherchions à mettre en lumière les changements qu’elle a introduits en France depuis sa création.
Bonne lecture !
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2012
les universités face à leur budget
