N°50 // Avril 2010

Éditorial par Caroline Franc

Alors qu’ils étaient réunis au colloque de la CPU, à Nancy, pour réfléchir sur les formations doctorales, les présidents d’université ont eu droit à des cours de construction et de travaux publics. C’est en effet à grand renfort de métaphores empruntées au BTP et à la maçonnerie que Valérie Pécresse et Bernard Belloc, conseiller de Nicolas Sarkozy, ont tenté de clarifier les règles des appels d’offres qui seront lancés dans le cadre du grand emprunt.

Tous deux se sont également employés à déminer une situation tendue depuis la publication du rapport de l’Igaenr sur la phase 2 des PRES. Le message envoyé par l’exécutif a été très clair : pas de modèle unique imposé. La clarification était nécessaire, une fronde partie de Paris commençait à prendre de l’ampleur. Emmenés notamment par Axel Kahn, président de Paris-Descartes, les présidents d’université de la capitale ont en effet fait part de leur réticence à renforcer la gouvernance de leurs futurs PRES selon des modalités qui leur seraient dictées, comme le suggérait selon eux le rapport de l’Igaenr. Une réaction épidermique qui a mis en évidence un clivage géographique entre des établissements rompus aux regroupements, en région, et les parisiens, encore très attachés à leur identité.

C’est d’ailleurs pour comprendre cette exception parisienne que l’ORS vous emmène ce mois-ci dans les méandres de la recomposition du paysage universitaire francilien. Qui s’allie avec qui ? Qui se fait la guerre ? Quels sont les regroupements les plus avancés ? D’où viennent ces réticences qui semblent rendre mouvante toute tentative de rationalisation ? Pourquoi certains, comme Paris-Dauphine, ne prennent encore part à aucun projet de PRES ou de campus ? Autant de questions auxquelles nous avons essayé de répondre, dans le contexte très particulier d’une redistribution des cartes via l’opération Campus et le grand emprunt.

Photo courverture : © EPHE




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  • 2012 les universités face à leur budget