N°51 // Mai 2010
Au fur et à mesure de la publication de ses décrets d’application, et de sa mise en place, la loi LRU semble atteindre ses limites en matière de gouvernance. Pro ou anti-LRU s’accordent tous sur un constat, qui déborde d’ailleurs du cadre strict de la réforme des universités pour atteindre toutes les institutions académiques : comment concilier un pilotage cohérent avec la nécessaire prise en compte de la diversité académique ? Comment éviter les soupçons permanents d’ingérence extérieure dans ce qui relève de la liberté scientifique ? Et comment d’un autre côté assurer une cohérence à la gestion d’un établissement tout en s’assurant d’un minimum de consensus ?
C’est dans ce contexte que revient le débat autour du sénat académique qui, selon ses promoteurs, permettrait de concilier les deux logiques. D’autres remarquent que rien ne l’interdit aujourd’hui. Et notre enquête montre que de nombreux établissements multiplient, dans le cadre de leur autonomie, les initiatives pour favoriser le dialogue interne.
Ce sénat serait composé d’élus enseignants, Iatoss et étudiants, et, dans sa formation restreinte aux enseignants-chercheurs, prendrait en charge le recrutement, l’évaluation et les promotions des enseignants-chercheurs. Il permettrait ainsi au conseil d’administration de se recentrer sur son rôle stratégique et de concilier le respect des disciplines, la collégialité, la démocratie et la politique d’établissement. Le débat qu’ouvre le grand emprunt, et dans lequel l’État entend inciter les universités à se regrouper et à aller au-delà la loi LRU, sur le volet de la gouvernance pourrait apporter des réponses à ces questions.
Le prochain numéro
N°69 // février 2012
-
2012
les universités face à leur budget
