N°52 // Juin 2010

Éditorial par Caroline Franc

Malgré des déclarations de bonnes intentions multiples et variées, malgré la mise en place de mécanismes comme les cordées de la réussite, les places réservées aux jeunes issus de milieux défavorisés dans les formations dites d’élite sont encore rares en France. HEC compte ainsi 12 % d’étudiants boursiers, Polytechnique, 11 %, l’École des mines de Paris, 9 %.

Si on est loin des 30 % appelés de ses vœux par Nicolas Sarkozy, force est de reconnaître que les conférences d’établissements ont accepté, après quelques ruades, notamment du président de la Conférence des grandes écoles, Pierre Tapie, de réfléchir à la façon dont le recrutement pourrait être élargi. Centrale Paris fait ainsi figure de bon élève en affichant un taux de 17 % de boursiers contre 11 % en 2007. Une performance saluée par Valérie Pécresse à l’occasion d’une récente visite de l’école. La ministre a d’ailleurs profité de ce déplacement pour annoncer la mise en place d’un « indicateur de performance sociale », permettant de mesurer les progrès accomplis par les établissements en matière d’égalité d’accès.

Une telle initiative serait actuellement impensable au Japon, où la formation des élites s’appuie sur une sélection drastique, par l’argent et les concours, sans que personne ne semble s’en émouvoir. C’est ce qu’a constaté l’ORS qui a mené ce mois-ci son enquête au pays du Soleil levant, et notamment fait le tour des quatre universités les plus célèbres du pays : Todai, Keio, Waseda (toutes trois à Tokyo) et Kyodai (Kyoto). Quatre établissements dont sont issus près des deux tiers des P-Dg des plus grandes entreprises du Japon et la quasi-totalité de ses dirigeants politiques. Si cette absence de renouvellement du sérail ne semble pas devoir être remise en question pour l’instant, Yukio Hatoyama, premier ministre de centre gauche élu en 2009, avait inscrit à son programme l’augmentation des aides sociales étudiantes et la gratuité des lycées publics. Des mesures visant à instiller un peu de diversité dans le recrutement des universités, mais qui vont devoir attendre, le Premier ministre ayant démissionné le 2 juin après seulement dix mois au pouvoir…

Photo de couverture : université de Tokyo © Sarah Piovezan/AEFC




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